Prise de conscience

Cela faisait un certain temps que mon quotidien ne me convenait plus ; je me réveillais chaque matin avec zéro motivation, en n’ayant plus aucun plaisir à faire ce que je faisais tous les jours. Je commençais doucement, de façon plus ou moins consciente, à remettre en question tous mes choix, toutes mes décisions. Je ruminais sur tout ce que j’avais toujours voulu faire mais que j’avais abandonné avant même d’avoir commencé. Je me demandais pourquoi j’étais incapable d’aller au bout des choses, même les plus banales. J’avais envie et un besoin réel de changement. Envie de faire des choses différentes, nouvelles, qui me stimuleraient plus et surtout de mettre un terme à toutes celles qui me paraissaient inutiles depuis longtemps, mais que je continuais à faire. Parce que c’était beaucoup plus facile de continuer que d’arrêter et de trouver quoi faire à la place (au final, ce que je voulais vraiment). J’avais le profond désir de m’investir dans des projets qui me rendraient fière de moi, plus heureuse, et d’arrêter d’activer le mode pilotage automatique pour faire ce que tout le monde fait, juste parce que c’est quelque chose à faire, c’est comme ça.

Passer des heures à traîner sur les réseaux sociaux, rentrer chez soi le soir et se poser devant la télévision toute la soirée en état végétatif. Se lever le matin et avoir comme premier réflexe en buvant son café de regarder son écran. Je me rendais de plus en plus compte que les réseaux sociaux et la télévision me faisaient perdre du temps. Que cela m’empêchait de faire les choses que je m’étais promise de faire en rentrant, comme lire ou faire mes papiers administratifs. Ou encore, pire, ce passe-temps me faisait arriver en retard aux rendez-vous avec mes potes parce qu’il fallait à tout prix que je finisse mon programme avant d’y aller. J’ai fini par prendre conscience que cela me rendait irritable parce que je regardais des gens que je trouvais complètement abrutis dire des conneries, mais que je ne pouvais quand même pas m’empêcher de continuer de suivre ces émissions. Que cela réveillait et entretenait toutes ces choses malsaines dans lesquelles tout le monde plonge tête baissée ; la jalousie, la comparaison à une fausse réalité, la frustration, le voyeurisme, la culpabilité… Et je ruminais sur toutes ces choses qui me sortaient par les yeux tout en continuant de les faire et à me dégoûter de ne pas être capable de changer mes vieilles habitudes. Un soir, je suis rentrée chez moi après une journée de travail, et sans que je m’en rende compte, j’avais passé plus de trois heures sur mon canapé à faire défiler le fil d’actualités sur l’écran de mon téléphone, pour voir et revoir la vie des gens et toutes les discussions/débats stériles que les gens entretiennent sur les réseaux, et qui n’étaient au final pas du tout satisfaisants et j’ai, à ce moment-là, vraiment pris conscience que je pouvais réellement faire d’autres choses de mon temps libre. J’avais développé un réel problème avec ça, ce reflex était devenu toxique ; je voulais et il fallait que je m’en détache.

Alors voilà ; j’ai dit stop. Avant de me demander ce que je voulais, je me suis interrogée sur ce que je ne voulais définitivement plus, et ça a commencé par arrêter de ne pas me donner les moyens d’avoir ce que je pouvais souhaiter de mieux pour moi-même. Je voulais mettre des choses en place, me donner le temps de faire autre chose. Et il y avait cette réelle envie de me remettre au sport au lieu de toujours trouver des excuses pour ne pas le faire. Plus jeune, je faisais beaucoup de sport et j’y prenais du plaisir. À l’époque, je ne me voyais pas ne pas en faire. Puis j’ai dû arrêter et quand j’ai eu la possibilité de le recommencer, je ne l’ai pas fait, toujours parce que j’avais LA bonne excuse. Tous les ans à peu près à la même période, je me disais « là ça y est, je m’y remets » et comme d’habitude, j’en faisais une ou deux fois et puis les excuses revenaient et je ne continuais pas. C’est pour cette raison que la remise au sport a été l’une des premières activités que j’ai souhaité réintégrer à ma vie. C’était comme un défi ; comme si, si j’étais capable de réussir ce challenge, si j’arrivais à me motiver, à m’y mettre et m’y tenir, je pouvais faire tout le reste.

Parce que cela ne dépendait que de moi et de personne d’autre.

Alors, une après midi en rentrant du travail, sans y réfléchir, j’ai chaussé mes baskets et je suis allée courir. Je me souviens m’être dit « demain j’irai courir » et je me suis rendue compte qu’encore une fois, je me trouvais des excuses et que je remettais à plus tard. Si je le voulais vraiment, c’était maintenant.

Et cela a marqué le début de nombreux changements qui m’ont permise d’aller un peu mieux chaque jour. C’est également ce soir-là que j’ai décidé de débrancher ma télévision et ai désinstallé les applications de réseaux sociaux de mon téléphone !

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